4 Novembre 2014 -On sait que les Etats-Unis dominent largement l’économie numérique mondiale. Mais les chiffres dévoilés par Olivier Sichel, pdg de Leguide Group (leader européen des sites de shopping) et co-fondateur de l’Open Internet Project, révèlent l’ampleur du phénomène. Ils sont publiés dans une brève étude intitulée L’échiquier numérique américain. Quelle place pour l

drapousa

’Europe? pour le compte de l’Institut français des relations internationales (Ifri). Les voici: 

1.Les Etats-Unis représentent environ 83% de la capitalisation boursière mondiale des entreprises du numérique. 

2.Les trois premières capitalisations boursières des sociétés actives dans l’internet (Google, Amazon et Facebook) s’élèvent à 780 milliards de dollars, contre 43,5 milliards pour la somme du top 3 des cinq plus importantes économies européennes. 

3.Parmi les 20 leaders dits over the top – c’est-à-dire qui utilisent une infrastructure dont ils ne sont pas propriétaires – 13 sont américains, dont 8 figurent dans les 10 premiers. Leur capitalisation boursière s’élève à 1492 milliards de dollars pour un chiffre d’affaires de 366 milliards de dollars, soit respectivement 83% et 90,5% du total des 20 premières sociétés de la branche. 

4.En 2010, les Etats-Unis possédaient sur leur sol 439 000 serveurs. Soit deux fois plus que les neuf Etats suivants réunis. 

5.Les budgets de recherche & développement cumulés d’Intel et de Microsoft dépassent les crédits de l’Etat français dédiés au financement de la recherche civile. A noter que le géant pharmaceutique helvétique Roche dépense davantage dans cette activité qu’Intel. 

6.Dans le domaine des fusions-acquisitions, neuf des dix plus gros acheteurs mondiaux sont établis dans la Silicon Valley. Les sociétés américaines du numérique ont réalisé 275 accords de fusions-acquisitions en 2011. 

7.Le 99% du marché de la recherche en ligne en Europe est dans les mains de  trois sociétés américaines: Google, Bing et Yahoo.  Au 1er janvier 2013, 9 des 10 sites les plus visités au monde étaient rattachés à des acteurs étatsuniens, alors que 80% des utilisateurs n’étaient pas localisés outre-atlantique. De même, la part des Américains dans le top 50 des sites mondiaux atteint 72%, contre 22% pour les Chinois, 6% pour les Russes et 0% pour les Européens. 

8.Dans les systèmes d’exploitation, IOS (Apple), Android (Google) et Windows Phone (Windows) concentraient à eux seuls 97% du marché mondial en 2013 contre 5% en 2005. 

Dans son article, Olivier Sichel montre que, pour accroître leur hégémonie, «les entreprises américaines se développent horizontalement en absorbant les nouveaux venus dont le succès pourrait les menacer et verticalement en acquérant les fournisseurs tout au long de la chaîne de valeur.» Pour le pdg de Leguide Group, «la domination américaine  n’est pas problématique en elle-même. Elle le devient lorsque les challengers potentiels ne sont pas en mesure de concurrencer cette puissance établie pour préserver un équilibre sain et stimulant. C’est le cas aujourd’hui en Europe.»