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Primevère, le “salon de l’alter-écologie” organisé chaque année à Lyon, fête ses 30 ans en recevant Didier Coeurnelle dimanche 28 février 2016.

Didier Coeurnelle est un transhumaniste belge, vice-président de l’Association française des transhumanistes (AFT), aussi connue sous le nom de “Technoprog”. Nos lecteurs ont découvert ce personnage aigre et retors dans notre reportage à Transvision, premier colloque transhumaniste international organisé en France en décembre 2014.
(cf “Trois jours chez les transhumanistes”, en ligne sur http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=563)

Rappelons que le transhumanisme, ennemi de l’humain, travaille à fabriquer une nouvelle espèce d’hommes-machines (qu’il nomme “augmentés”), de cyborgs délivrés de la maladie et de la mort, de la faiblesse et de la faillibilité. Les transhumanistes reprennent où les nazis l’avaient laissé, le programme eugéniste d’amélioration de l’espèce. Ils ont un avantage sur leurs prédécesseurs, ils ont la technologie du XXIe siècle : nanotechnologies, biotechnologies, informatique, neurotechnologies.

Que les transhumanistes s’infiltrent partout où on leur offre une tribune, cela fait partie de leur stratégie. Ils ont depuis quelques années décidé de toucher le plus large public possible, en adoptant des slogans propres à éveiller la curiosité des “alter” : “Un autre transhumanisme est possible” est le slogan du président de l’AFT. Intervenir dans un salon où l’on vante la médecine par les plantes, où l’on alerte sur la nocivité des ondes électromagnétiques, où l’on critique la politique vaccinale française, est un excellent moyen de diffuser leur propagande.

Coeurnelle se gardera de tenir un discours trop transhumaniste (“N’est-ce pas une forme suprême d’arrogance que de considérer l’être humain comme abouti et n’ayant pas besoin d’être amélioré ?”, disait-il au colloque Transvision), ou de diffuser la revue de Technoprog, “La mort de la mort”. Il s’en tiendra à un prêchi-prêcha sur la compatibilité de l’homme augmenté et de l’écologie.
On prévient les visiteurs de Primevère, ça ne vole pas haut. Voici, selon Coeurnelle, à quoi ressemblera la société des immortels : plus riche (on travaillera plus longtemps, on dépensera moins pour se soigner), plus apaisée (moins de délinquance chez les vieux, un citoyen âgé est un citoyen heureux), plus écologique (les vieux soignent l’environnement), préservée de la surpopulation par la baisse de la natalité (sur le modèle de Singapour avec 0,9 enfant par femme).
Ce sont ses propres arguments, toujours au colloque Transvision 2014.

Ce qui surprend, en revanche, c’est que les organisateurs du salon Primevère invitent un tel personnage. De deux choses l’une : soit ils ignorent tout du transhumanisme et sont des inconscients ; soit ils acquiescent à cette idéologie et la promeuvent. Nous n’avons pas les moyens de trancher.

Il y a quelques années, Primevère nous avait invités à donner une conférence sur les technologies convergentes et la tyrannie technologique. Cela fait bientôt 15 ans que nous dénonçons le projet eugéniste et techno-totalitaire du transhumanisme. Quelquefois, nous nous interrogeons sur les effets de nos textes, de nos livres, de ces conférences où un public nombreux se presse. Qu’en reste-t-il, au fond ?
La réponse de Primevère est cinglante. Nous avons parlé dans le vent. L’équilibre “démocratique” prime : un quart d’heure pour les ennemis de l’humain, un quart d’heure pour les chimpanzés du futur (ceux, comme nous, qui refuseront de s’augmenter).

Qu’en diront les autres conférenciers, les exposants, les visiteurs, les journalistes ?

Pièces et main d’oeuvre
Atelier d’enquête critique

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