« Dans la manufacture, (dit Marx) le point de départ de la révolution du mode de production est la force de travail ; dans la grande industrie, c’est le moyen de travail » Le Capital puf p91

 En somme la première révolution industrielle 1780-1850 autour de la vapeur, des chemins de fer et de la manufacture est dominé par l’extraction de la plus value absolue la force de travail reste prédominante, même si dés 1834 les Canuts de Lyon brisent les machines. Cette période, Marx la qualifia de domination formelle.

 La seconde révolution industrielle est propulsée (1880 -1900) autour de l’électricité, de la chimie, de la motorisation... puis à partir des années 1930 et ensuite par l’introduction du fordisme et du taylorisme OST, du Toyotisme. Le travail passé (le moyen de travail) va dominer le travail présent, la soumission réelle du travail au capital est désormais enclenchée.

Ici j’ai repris les dates, de votre texte, bien que je pense qu’il faudrait être plus gradualiste dans ce passage, qui est différent selon les pays et les zones. Certains comme par exemple Goldner, fixe la fin de l’accumulation mondiale sur la base de la plus value absolue à 1914.

Après cet intermède revenons à notre sujet la 3émé révolution.

 Pour qu’il y est une 3éme révolution, au sens marxiste du terme il faudrait, que cette révolution soit qualitativement différente des deux autres, si nous ne pouvons pas prouver cela, nous avons simplement la poursuite de la domination du moyen de travail. Chaque grande découverte, révolutionne les moyens de production soit simplement dans une branche industrielle (exemple des broches dans l’industrie textile), soit comme l’électricité elle se généralise à l’ensemble du monde industriel, et dans ce cas «les dégâts du progrès » sont plus profonds.

Pour débuter notre débat je vais traiter successivement :

 

             1°) Signification de la révolution technique et scientifique.

2°) L’arme technologique contre les prolétaires.

                                                     3°) La révolution lillipucienne.

1°) Signification de la révolution technique et scientifique.

 Le concept de RTS a été introduit par un groupe d’économistes tchèques, sous la direction de Ritcha1. C’est surtout à partir des années trente que la RTS sera utilisée, par le « capitalisme d’état » pour sortir de la crise, elle préparait le fordisme et la production de masse, mais aussi la courses aux armements comme confirmation de leur doctrine « la primauté de la technique ». Cette course aux armements est toujours un du principal pilier des USA.

 

Dés les année 8O, les capitalistes occidentaux et le bloc de l’Est se sont jetés à bras ouvert dans la course aux nouvelles technologies, qui devaient les sortir de la crise économique. La bourgeoisie française et le (MITI)2 japonais avaient misé sur six filières pour les prochaines années : l’électronique, la Bureautique, les ateliers flexibles, la bio industrie, l’offshore et le matériel économisant l’énergie. Aux USA c’est le Pentagone qui allait avec succès effectuer ce travail.

 

L’informatisation de la société, le développement rapide des sciences et des techniques, donnèrent l’occasion aux philosophes, sociologues et économistes en tout genre de nous faire l’éloge de la RTS

( Révolution Technique et Scientifique) « libératrice ».

 

Selon ces théoriciens, la RTS permettrait de dépasser les contradictions de classes, surtout quand elles font « leurs adieux au prolétariat », de surmonter le capitalisme et l’idéologie grâce à l’ère nouvelle de la société post industrielle :

 

« Oui, l’informatique fait reculer les limites de la croissance industrielle. Oui, l’informatique constitue une arme majeure pour une stratégie de relance et de sortie de la crise «  Stoffaes(1981) . Info. Et changement éco. Doc. Française Page 54).

 

Cette révolution, des sciences et techniques, va provoquer des répercussions en chaîne dans toutes les sphères de production et de la vie sociale en général, « Le bouleversement du mode de production dans une sphère industrielle (disait Marx) entraîne un bouleversement analogue dans les autres » le Capital

 

Le rapport Nora Minc en France, nous fera des interrogations inquiétantes.

 « La scène sociale traditionnelle tendra à se désarticuler, au fur et à mesure du passage de la société industrielle, organique, à la société d’information polymorphe »... « Dans un univers où se dissoudra la valeur travail », le travail régressera t’il en tant que valeur ? »... »L’activité productive résiduelle sera t’elle la corvée de l’armée de réserve des sous prolétaires immigrés... » p .114 DC.

 Tout nous indique que nous allons assister, à une substitution capital travail élargie, toute la sphère de circulation va se trouver bouleversée par l’introduction des TIC, ce qui va entraîner un bouleversement de tous les systèmes de qualifications stables ( système dit Parodi ) au profit de systèmes par classes et fonctions évolutives ( révision des conventions collectives) . De ce fait, et c’est là un aspect nouveau de la crise, la classe ouvrière ne sera plus la seule à porter le fardeau de la RTS. La sphère de circulation va commencer à en payer le prix, puisqu’elle entrave les gains de productivité observés dans l’industrie.

 « Les conditions de travail se modifient suivant un double mouvement. L’automatisation supprime certains emplois pénibles et permet un allègement des tâches. Par ailleurs, elle provoque la déqualification de nombreux travaux accomplis jusqu'à présent par une main d’œuvre très experte, par exemple les typographes ; la mise en place de machines automatiques banalise en effet leur métier et les remplace par de simples surveillants ( Marx l’avait déjà dit) : C’est probablement la fin d’une  aristocratie ouvrière. Ces effets se produiront sur une longue période » Rapport Nora Minc p.59

 La révolution des TIC à bien des égards, produit les mêmes effet, qu’à l’époque de Marx « La nature même de la grande industrie nécessite le changement dans le travail, la fluidité des fonctions, la mobilité universelle du travailleurs... (Lire toute la citation)» Le Capital, livre 1, t.2 p 103 édt sociale 1969. On se croirait à l’époque actuelle, la mobilité, la polyvalence, c’est le jargon de tout le patronat.

 2) L’arme technologique contre les prolétaires.

 L’utilisation des TIC n’est pas uniquement une arme économique qu’utilisent les capitalistes entre eux dans l’arène de la concurrence internationale. La RTS est un processus historique, qui entre les mains du capital ne fait que domestiquer l’homme. On pourrait dire, que nous passons de la domination réelle à la soumission réelle avec les TIC.

 « C’est à haute voix que le capitaliste déclare que la machine est l’ennemie de l’ouvrier, et c’est de propos délibéré qu’il s’en sert dans ce sens. Elle devient l’arme de guerre la plus puissante en vue de réprimer les révoltes périodiques et les grèves des ouvriers dirigées contre l’autocratie du capital » Le capital p 131 (remarquer le terme en gras)

 Chaque jour dans les médias, c’est à haute voix que le capital brandit la matraque du chômage, que les forces patronales se vantent régulièrement de pouvoir dégager des milliers d’emplois grâce à la robotique.. Actuellement ils utilisent un nouveau terme « la destruction créatrice »3 . En 1981 le journal patronal « L’Usine Nouvelle » du 29.01.1981 prétendait que 800 000 secrétaires et dactylos étaient menacées de perdre leur emploi si IBM commercialise une machine qui transforme la voix en texte écrit.

A la même époque Stoffaes mentionnait que :

« On a pu calculer que si l’on mettait en place tous les équipements modernes à base de microprocesseurs d’ores et déjà existants, l’industrie américaine pourrait produire les mêmes quantités de biens qu’aujourd’hui avec dix fois moins d’effectifs employés. Une firme britannique qui a fait le calcul récemment a trouvé qu’elle pourrait maintenir sa production actuelle avec 7% des emplois » p.44 

 Quelques vingt ans après , nous nous rendons compte que l’objectif n’est pas atteint, que les experts parlent de paradoxe de la productivité « il y a des ordinateurs partout, sauf dans les chiffres de la productivité » déclarait Robert Solow, prix Nobel d’économie. 

 « Le débat sur la nouvelle économie doit être replacé dans le contexte du déclin tendanciel de la croissance de la productivité aux Etats-Unis. Sur la période 1959-1995, une rupture claire apparaît en 1973 : avant cette date, la productivité du travail croît au rythme annuel de 2,94% ; après cette date- qui correspond à peu près au développement des ordinateurs !-, le rythme tombe à 1,41%. » ( Le Ramses 2001 page 37 nouvelle économie : du virtuel au réel.)

  Pourtant les nouvelles technologies ont favorisé les suppressions d’emplois «  le niveau de l’emploi a baissé d’environ 5% de 1984 à 1994, du fait du développement du parc de guichets automatiques et de l’automatisation. Ainsi avant même le fort développement de la banque par téléphone et sur internet, l’emploi dans les banques américaines avait commencé de décroître. » « Ces réductions d’effectifs reflètent les changements récemment intervenus dans le secteur, notamment le passage de l’activité traditionnelle en succursales à Internet et aux opérations téléphoniques, qui ont changé la nature du travail bancaire et ont entraîné au cours de la même période, selon les estimations, une perte supplémentaire de 200 000 emplois non directement liée à celle subie par suite des fusions et des acquisitions. » (OIT L’incidence sur l’emploi des fusions et des acquisitions dans le secteur des services bancaires et financiers. P76)

 Pourquoi donc, les suppressions d’emplois ne se traduisent elles pas dans la productivité, nous avons au moins une réponse, nous avons remarqué que les TIC s’attaquaient dans un premier temps à des emplois de simple employé, alors que les emplois de spécialistes hautement qualifiés augmentaient (poids de l’informatique) « Cela se traduit par une augmentation de la masse salariale dans le secteur, qui est passée de 9,4 milliards de dollars canadiens en 1994 à 12,16 milliards en 1997 » (OIT p 72)

 Comment donc dans ces conditions, parvenir à réduire la masse salariale ? Il ne reste plus que les fusions acquisitions pour liquider les emplois de cadres et cadres supérieurs, c’est ce qui se passe en général les exemples pullulent. De plus, comme le signal l’OIT « On se préoccupe de plus en plus- non seulement aux États-Unis mais partout dans le monde- de ce que les emplois bien rémunérés sont remplacés par des emplois faiblement qualifiés et mal payés, où les tâches ressemblent au travail à la chaîne, et de ce que ce type d’emploi est celui qui progresse le plus dans les services financiers » Page 82

 Au Japon, me faisait remarquer Henri S., les robots sont de nouveau remplacés par des salariés. Il y a toujours des tendances contraires, seulement il faut en voir toute la portée et que l’arbre ne cache pas la forêt. En tout état de cause ce qui limite l’explosion des TIC ce sont les coûts de ses processus de production et les risques .

 Il serait aussi nécessaire, et je n’en est pas le temps pour le moment, d’aborder tous les systèmes de surveillance imposés à la classe ouvrière et aux salariés du fait des TIC, l’Usine ressemble à ses prisons disait Marx.

 

3°) La révolution lillipucienne.

 

Après avoir fait un bref rappel des origines du culte de la RTS, d’avoir réaffirmé plus que jamais que celle-ci non seulement dominait le processus de production, mais encore qu’elle entraînait la soumission totale du travailleur au complexe informationnel. Nous allons maintenant essayer de répondre à la question : Il y a t’il une 3éme révolution industrielle provenant de sa base technique.

 

« Mais tandis que le mode capitaliste d’emploi du machinisme est obligé de perpétuer la vieille division du travail avec sa spécialisation ossifiée, bien que celle ci soit devenue techniquement superflue, le machinisme lui même se rebelle contre cet anachronisme. La base technique de la grande industrie est révolutionnaire «  ant Dürhing P332 éd. soc.

 

En effet, nous pouvons considérer que les nouvelles technologies se rebellent contre l’ancien système d’exploitation du machinisme Cyclopéen4 et sa structure hiérarchique taylorisée . Le machinisme Cyclopéen, tel que Marx le définissait, entre en opposition avec le machinisme lilliputien ( en fait , lillipucien) avènement de la « puce, microprocesseur ».

 

Encore qu’il ne faudrait pas trop vite enterrer le taylorisme, car il est maintenant appliqué voir généralisé dans les services, et le travail à la chaîne est loin d’avoir disparu , c’est plus son système hiérarchique qui est mis en cause, « la machine intelligente remplace l’encadrement de contrôle ». Il y a bien des segments importants de l’activité industrielle ou le système de taylor n’est plus nécessaire 5. Mais je crois que le travail à la chaîne est très présent dans l’industrie alimentaire (grande présence de femmes). Il ne faut pas omettre le Toyotisme qui a en fait succédé au fordisme, ou la gestion des « ressources humaines » va passer au premier plan : surinformation interne, travail de groupe, participation , cogestion , management ( flux tendus et 3 zéros)

 

Ce qui me paraît important, c’est le retournement que la découverte des microprocesseurs va permettre. Elle conditionne toute la recherche vers l’infiniment petit, mais aussi vers l’infiniment grand, conquête de l’espace, la miniaturisation est partout.

Mais , elle s’inscrit toujours dans la phase ou le moyen de travail se substitut à la force de travail. Nous présentons bien que nous vivons un grand changement qualitatif, mais nous ne parvenons pas pour le moment à en définir la portée réelle.

 

On peut tout de même affirmer, qu’avec cette « 3éme révolution », la machine ne va pas cesser d’être une arme entre les mains des capitalistes pour anéantir les conditions de l’existence humaine. La révolution lillipucienne ne fait que prolonger ce processus. Disons que si la révolution Cyclopéenne du début du 19 éme siècle a vu la machine réaliser des tâches s’analysant en transferts de capacité physique de l’ouvrier vers la machine. Ces tâches n’étaient que dans le prolongement de la main. La révolution lillipucienne avec ses robots, ses ordinateurs et plus généralement les TIC ( technologies de l’Information et de la communication) réalise des transferts dans le prolongement du cerveau humain.

 

A partir de ce constat, il est possible de s’aventurer, plus loin dans la perspective de cette « révolution » j’ai parlé dans la brochure d’Echange sur la sphère de circulation, d’une tendance du fait de l’introduction généralisation des TIC à transférer sur le consommateur via internet, mais avant le Minitel une charge de travail qui était autrefois effectuée par un salarié ( ex : courant, les GAB des banques qui remplacent les guichetiers). Il faudrait en étudier toute la portée, se transfert permettant d’utiliser (sans capital fixe) le consommateur qui effectue « un travail » pour lequel il paye la communication et l’usure de son outil. Le développement du système des franchises est à classer dans cette tendance.

Les TIC ce n’est plus à démontrer, mais seulement de le rappeler, brise l’espace temps au niveau planétaire, il est maintenant courant d’utiliser des forces de travail à l’autre bout de la planète en temps réel pour ce qui est du travail tertiaire, mais le secondaire peut être touché dés lors qu’il est maintenant possible pour un chirurgien d’opérer à distance, le lieu de travail est partout ( dans les transports TGV dans les rues téléphone portable). IL faudrait développer ce point pour prendre réellement conscience de son importance et de ses limites.

 

Si effectivement, cette tendance à rechercher « dans l’exploitation du consommateur » du travail gratuit devait prendre de l’extension, nous pourrions parler de 3éme révolution, dans ce sens que le capitalisme aurait effectuer sa dernière mission l’ éviction totale du travail salarié et en même temps sa propre éviction. Philippe Delmas fait intervenir une notion intéressante il parle de la substitution de l’information au travail comme principal facteur de production.6

Cependant nous n’en sommes pas là, mais il faut avoir l’œil ouvert sur cette hypothèse (voir la fameuse (nouvelle économie) qui voulait percer dans ce sens. Voir aussi le livre « le travail fantôme » de Ivan Illich qui par certains cotés, considérait le travail domestique fait par les femmes comme du travail non salarié. Voir l’émergence du télé travail à domicile.

 

J’espère, que ce texte, va pouvoir amorcer la pompe d’un débat fructueux que j’avais déjà entamé au début des années 1980, ce qui explique mes références à Stoffaes...

 

 

Gérard Bad. Le 20 février 2001

 

Complément d’informations :

 

Il est souvent fait état dans la presse des baisses spectaculaires du prix des composants électroniques et de ceux des mémoires. La révolution des microprocesseurs devait selon les experts économiques contourner la loi de la baisse tendancielle du taux de profit et de sortir le monde capitaliste de la crise. Seulement la chute des prix des composants, n’est que la tête de l’Iceberg

 

« ... le coût total des processus de production ne cesse d’augmenter . Et ceci en dépit de la miniaturisation et de la réduction des coûts du matériel. (Faisait remarquer M Cooley syndicaliste du trade Union) Alors que ces coûts subissent une réduction spectaculaire, le coût total du système ( le capital fixe : les équipement de production) ou les processus qu’ils commandent, ne cesse de croître. C’est ce que les gens oublient fréquemment lorsqu’ils parlent de microprocesseurs, et on vous donne presque l’impression que l’on pourrait traverser l’atlantique sur une « puce », que l’on pourrait creuser des fondations des immeubles ou traiter des produits chimiques et même des produits alimentaires avec des microprocesseurs isolés ! La vérité est que le coût et la complexité des moyens de production que ces objets commandent , ne cessent de s’accroître. Ainsi confrontés a des équipements qui se périment pratiquement à chaque minute et qui ont impliqué d’énormes investissements, les employeurs essaieront d’exploiter ces équipements 24H sur 24H » Les microprocesseurs et les hommes p 246 Doc. Fra.)

 

 

« Chez un producteur suédois d’appareils ménagers, pour les mêmes fabrications, une installation « manuelle » exige 28 ouvriers, 1700 m2 d’ateliers et un investissement de 4 millions et demi de couronnes suédoise ; une installation automatisée, « robotisée », ne requiert plus de 6 opérateurs, et 300 m2 d’ateliers. L’investissement est de 8 millions et demi de couronnes. (...) le cycle d’exécution passe de trois ou quatre semaines à ... 4 minutes !, ont pour effet de réduire à 18 mois la durée d’amortissement d’un tel investissement... » ( « Entreprise », de juillet 1981, article intitulé « les robots sont là »

 

Nous avons là deux points de vue, qui ne sont pas contradictoires, ils montrent simplement que l’introduction des nouvelles technologies dépend toujours des profits espérés.

 

Gérard Bad .

 

1 Ritchta c’est rendu célèbre avec son livre « la civilisation au carrefour » édt Anthropos. Il fut vivement critiqué par B. Coriat dans « Science,technique et capital » Ed. Du seuil, 1976.

2 MITI (Ministry for International Trade and Industry.

3 L’expression est de Joseph Schumpeter, voir son ouvrage Capitalisme, socialisme et démocratie.

4 Voir l’explication de K.Marx sur les machines cyclopéennes

5 En 1973, le CNPF faisait paraître un article sous le titre « Taylor salaud le peuple aura ta peau ». Il faut préciser que les « Salaud le peuple aura ta peau » étaient les slogans préférés de la « Cause du peuple » groupe Maoïste.

6 « Les bien produits depuis 15 ans contiennent de plus en plus d’intelligence. Tel est le cœur du découplage entre la croissance de l’investissement industriel et celle de l’emploi. Il s’agit de la substitution de l’information au travail comme principal facteur de production.

Cette révolution se mesure bien ailleurs au fil des générations de produits industriels. La main-d’œuvre représente environ 20% du coût direct de production d’une automobile et l’information incorporée (R et D, tests, contrôles et automatisme)% ; pour un médicament c’est 12% et 60%, pour un circuit électronique 8% et 80%. Ces derniers offrent de spectaculaires exemples de découplage purement dû à l’information contenue car il n’y a pour ainsi dire pas de matières premières : du silicium (c’est-à-dire du sable !) et un peu d’énergie, tout le reste est de l’intelligence dont l’intensité se mesure dans le coût des générations successives d’usines qui double tous les 4 ans à effectifs constants » Philippe Delmas : « Le Maître des Horloges : modernité de l’action publique » Ed. Odile Jacob 1991. Page 60.